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Sarkozy et Mazarin

Samedi 20 septembre 2008

  Publié dans Actualité Politique en France

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Nicolas Sarkozy, roi soleilA la vision de la pièce d’Antoine Rault sur Mazarin, précepteur de Louis XIV, au théâtre Montparnasse, « le diable rouge », on ne peut s’empêcher de penser à notre Président. “Distribue ta confiance à différents ministres afin que la jalousie épuise les plus ambitieux”.

Fillon ? Bertrand ? Qui a la confiance du Président ? Fouquet ? Colbert ? Qui est le favori de Mazarin ?

Pour gouverner « il faut être craint », enseigne Mazarin à son élève. La toute puissance du futur roi soleil n’est pas sans évoquer la cour du Président Sarkozy, des chanteurs, aux artistes en passant par les philosophes. Là aussi, on peut citer Mazarin : « Les artistes, il vaut mieux les avoir avec soi que contre soi ». La cour sarkozienne se porte en effet plutôt bien sous l’ombre présidentielle.

Dans le même sillage se situe le concept d’ « ouverture », cher à notre président. La cour s’agrandit et les ennemis s’essoufflent, manquent d’air. Alors ils cherchent dans la révolution française leurs fondements. Par manque d’oxygène peut-être. Et cela donne la révolution française n’est pas terminée, du député socialiste européen Vincent Peillon, qui vient de paraître. Ce proche de Ségolène Royale souhaite ainsi refonder l’idéologie de gauche à partir de la révolution.

Si ses espoirs portent leur fruit, cela aurait le mérite de recréer du débat sur la place publique française, unilingue depuis quelques temps. Une démocratie sans débat est en difficulté. Le débat se situait entre l’ancien ministre de l’Intérieur et le Premier ministre Dominique de Villepin au sein du dernier gouvernement, il est absent aujourd’hui de la majorité présidentielle, du moins à travers les médias. Or ce sont les médias qui soutiennent historiquement la démocratie.

Interviewé sur son livre le 16 septembre 2008 sur LCP, Vincent Peillon avouait que la droite détenait le monopole de l’idéologie sur le champ politique français. L’ennemi de la cour tente ainsi un retour par le verbe.

Quoiqu’il en advienne, la stratégie mazarienne a encore de beaux jours devant elle. Sur son lit de mort, l’intendant du roi s’inquiétait auprès de Colbert de savoir si Louis XIV maintiendrait la même ligne politique, il se réjouirait aujourd’hui de constater que la politique française s’inspire encore de la subtilité du maître italien.

C.P


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