Mardi 23 septembre 2008
Publié dans Actualité Politique au Moyen Orient, Actualité Politique en France
Après la controverse sur la présence française en Afghanistan, provoquée par la mort de 10 militaires français le 18 août, les parlementaires français se sont prononcés le 22 septembre pour le maintien des troupes françaises, voire leur renforcement en hommes et en moyens.
“Lorsqu’on choisit le déshonneur pour s’épargner la guerre, on finit par avoir le déshonneur et la guerre“.
C’est par cette citation de W. Churchill que le chef du groupe UMP à l’Assemblée, Jean François Copé, a soutenu son appel au vote positif des députés.
Cette procédure est inédite pour la cinquième République et est issue de la révision constitutionnelle du 21 juillet dernier, qui ne sera effective que le 1er mars 2009. Son article 35 prévoit désormais que le pouvoir exécutif saisit le Parlement de toute intervention des forces armées à l’étranger. Mais seulement 4 mois après le début des opérations.
Ainsi le chef de l’Etat reste seul maître à bord quant à la décision du déploiement des forces françaises à l’étranger. Il se doit seulement d’en informer le parlement dans les trois jours qui suivent ce déploiement mais là aussi sans vote des deux Chambres. C’est seulement après 4 mois que le Parlement sera réellement appelé à se prononcer sur le maintien des troupes françaises et que son vote aura une portée effective.
Avant la révision du 21 juillet, la Constitution prévoyait que seule la “déclaration de guerre” devait être autorisée par les parlementaires. Ainsi en l’absence de “guerre”, ils n’étaient pas préalablement, pas plus qu’ils ne le seront dans le future, tenus d’être informés d’un engagement des forces armées françaises sur un théâtre extérieur. Cette modification constitutionnelle favorise toutefois avantageusement et efficacement le débat national dans un contexte de bouleversement des formes de la guerre.
Comment désigner l’intervention française en Afghanistan? Cette question fait couler beaucoup d’encre même au sein de l’Otan. Suite aux propos tenus par le ministre de la Défense, Hervé Morin, au lendemain du 18 août, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une guerre: “Nous ne sommes pas en guerre contre un Etat, nous sommes sous mandat des Nations Unies…”, le commandant en chef de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan, le général américain David McKiernan, rétorquait indirectement: “C’est une guerre, ce ne sont pas des opérations de maintien de la paix”. Un flou artistique entoure donc ces nouvelles formes d’engagement militaire anti-terroristes.
Peut-on déclarer la guerre au terrorisme ? Mais quelles sont ses frontières puisqu’il ne s’agit plus d’un Etat mais d’une nébuleuse? Ce désordre conceptuel appelle à une plus grande transparence de la part des gouvernements des Etats investis en Afghanistan, principalement vis-à-vis de leur population, la modification des concepts n’empêchant pas le sang de couler. Ce vote des parlementaires français va dans ce sens.
En attendant un éclaircissement doctrinal de l’engagement de la France, ses troupes sortent renforcées des suites de l’évènement du 18 septembre, la faiblesse capacitaire de la force française étant mise en cause, notamment sur la question des drones. Ainsi le Premier ministre, François Fillon, a annoncé hier de la chambre basse que des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d’écoute, des mortiers ainsi qu’une centaine d’homme supplémentaire, portant la force française à environ 3000 hommes, seront sur place dans les prochaines semaines. Sécuriser avant de comprendre ?
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