Le programme nucléaire iranien est loin d’être apparu en 2002. Il est le fruit d’une collaboration active du Chah avec les EU, et aussi avec la France. Dès les années 60, la doctrine Nixon poussait les EU à choisir l’Iran comme allié stratégique dans le golfe. Et l’Iran était l’allié du golfe persique, avec l’Arabie Saoudite.
La révolution iranienne semble engendrer une rupture nette de la politique étrangère iranienne. Pourtant on distingue clairement une continuité des objectifs de politique étrangère du Chah et de l’Iran d’Ahmadinejad en passant par le grand ayatollah, même si la méthode pour y parvenir diffère nettement.
La Révolution islamique a tenté de créer une politique extérieure islamique. Voulant défendre l’intérêt du monde musulman en général, elle s’est heurtée à des réalités politiques et se retrouve obligée d’affronter des problématiques toutes nationales, telle que sa propre légitimité politique.
Le panislamisme développé par l’ayatollah Khomeyni vise à se substituer au panarabisme défendu par le défunt leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Perdus les alliés américain et israélien, le guide suprême cherche de nouveaux points d’accroche dans la région. Sa position élevée dans la hiérarchie du clergé chiite et l’importance de la communauté chiite d’Iran, 62 millions sur 70 millions d’habitants, lui permettent de défendre un Iran guide d’un monde chiite sans frontière.
L’ayatollah Khomeyni a assis sa légitimité sur l’autodétermination du peuple iranien, alors que le Chah était désigné comme le grand allié des EU. L’Iran devait reprendre les rênes de son destin. Le Chah avait souffert de l’image du coup d’Etat contre le ministre Mossadeq, responsable de la nationalisation du pétrole iranien. Il était celui qui s’était maintenu au pouvoir grâce à l’appui des EU.
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