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Relations entre Israel et l’Iran avant 79

Lundi 15 septembre 2008

  Publié dans Actualité Politique en Iran, Actualité Politique en Israel

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Des années 50 à la Révolution khomeyniste, l’Iran et Israël sont les alliés stratégiques du Moyen-Orient. L’Iran fournit d’importants flux de pétrole à Israël, le Mossad, service secret israélien, collabore à la création de la Savak, l’organisation de la sécurité et du renseignement iraniens.

En effet, en plus d’être les uniques Etats non arabes du Moyen-Orient, de forts liens historiques les unissent. Dans la mémoire israélienne, c’est en effet Cyrus le grand, roi de Perse, qui permit aux juifs babyloniens de rentrer à Jérusalem vers 550 av JC et de reconstruire leur temple, détruit par le roi de Babylone, Nabuchodonosor. De Cyrus jusqu’à Mohammad Reza Palahvi, Chah d’Iran jusqu’en 1979, les relations entre Israéliens et Iraniens n’ont pas connu de réelle rupture, malgré la conquête islamique de la Perse en 642.

La doctrine des périphéries, formulée par David Ben Gourion, à la fin des années 50 illustre ce rapprochement. Selon cette dernière, la politique étrangère israélienne doit permettre d’affaiblir les ennemis arabes d’Israël, ceci en formant des alliances avec les nations non arabes de la périphérie, telles que l’Iran, l’Ethiopie et la Turquie.

Cette doctrine rencontre plus tard celle du président américain Nixon, qui affirme alors la nécessité pour les EU de choisir des alliés régionaux puissants, tels que l’Iran et ceci afin de réduire au maximum l’interventionnisme à l’extérieur. Une collaboration tripartite est dès lors enclenchée, s’illustrant, par exemple, avec l’aide apportée par les services secrets israélien et américain, respectivement le Mossad et FBI, à l’organisation de la police politique iranienne, la SAVAC, dès 1957.

Israël collabore en outre à divers projets de développement agricole en Iran, notamment d’irrigation. Les EU et Israël fournissent enfin d’importantes aides financières et technologiques à l’Iran afin de le faire parvenir rapidement à la modernisation.

La collaboration israélo-iranienne repose en outre sur un fait démographique notable, l’importance de la communauté juive iranienne. C’est en effet la première du Moyen-Orient après Israël. Ils sont estimés à 100 000 dans les années 50 en Iran. Suite à la guerre israélo-arabe de 1948, certains juifs iraniens émigrèrent en Israël, ce fut le cas notamment de l’actuel président israélien Moshe Katsav. Mais plus de la moitié des juifs iraniens ont fui suite à la révolution Khomeyniste en 1979, ils sont actuellement environ 20 000 en Iran.

Le vrai tournant dans la politique extérieure iranienne se fait durant les années 70, avant la révolution iranienne, et consiste en un rapprochement arabo-perse. En 1973, l’Iran montre des sympathies envers les exigences territoriales des Etats arabes en guerre. Il fournit à l’Egypte, de même qu’à Israël, des aides en pétrole, alors que les deux pays sont en guerre.

La fin du panarabisme nassérien marque en effet une évolution nouvelle dans les relations israélo-israéliennes, la crainte d’un leadership égyptien au Moyen-Orient n’ayant plus de raison d’être. L’Iran se rapproche du nouveau chef égyptien, Anwar Sadate et sert d’intermédiaire entre l’Egypte et l’Israël de Begin jusqu’aux accords de paix israélo-égyptien de Camp David, en 1978.

L’émergence d’un bloc arabe plus modéré et la fin du panarabisme égyptien favorisent ainsi le rapprochement de l’Iran avec le Monde arabe. En 1975, le Chah signe l’accord d’Alger avec l’Irak baasiste de Saddam Hussein, accord mettant fin simultanément au conflit frontalier entre l’Iran et l’Irak et à la collaboration israélo-iranienne avec le clan Barzani du Kurdistan irakien.

Cette collaboration visait à faire pression sur le gouvernement baasiste de Bagdad dont les orientations anti-iraniennes inquiétaient alors Téhéran. Cette décision prend Israël par surprise et lui fait prendre conscience de sa position de vulnérabilité face à l’Iran. Dans une interview donnée à un journaliste arabe, Mohammad Reza Chah affirme même « penser occasionnellement à un nouvel équilibre dans la région » qui « pourrait être intégré à une structure islamique ».

Par conséquent, la rupture irano-israélienne puise ses sources avant 1979. Il est important de noter que les relations israélo-iraniennes sont toujours restées officieuses. Même si l’Iran reconnaît Israël, unique Etat dans la région à cette époque, il n’y a pas eu d’échange officiel d’ambassadeurs entre les deux pays, les relations ne sont donc pas officielles.


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