Lundi 15 septembre 2008
Publié dans Actualité Politique en Iran
La révolution khomeyniste marque en effet un ultime tournant dans la façon de concevoir la politique extérieure, notamment en l’abordant comme un outil permettant de servir les objectifs du grand ayatollah. Le guide suprême substitue ainsi l’intérêt de l’umma, la communauté des croyants musulmans, à l’intérêt national, dans un discours largement répandu avant 1979, depuis son refuge en France, dans les Yvelines.
Dès lors, l’action de l’Iran révolutionnaire apparaît à de nombreux observateurs comme marquée du sceau de l’idéologie, et le pragmatisme relatif du Chah semble avoir disparu. Comment défendre l’intérêt de l’umma et maintenir un partenariat avec l’Etat qui menace l’existence du troisième lieu saint de l’Islam, le dôme du Rocher à Jérusalem ? Si l’Etat iranien veut fédérer la communauté islamique sous son drapeau, elle doit faire des choix stratégiques et Israël devient le « petit Satan ».
L’idéologie se trouve donc à la base d’une première rupture des relations israélo-iraniennes. La moitié de la communauté juive iranienne, soit 35 000 juifs environs quitteront alors l’Iran, effrayés par ce discours. L’universalisme est de retour dans la politique étrangère iranienne, et justifie le nouveau régime porté par le grand ayatollah.
Le discours politique vise alors à propager une vérité universaliste portée par l’Iran. Les décisions de politiques étrangères deviennent plus troubles. Qu’est-ce qui les justifie ? L’intérêt national ? La volonté de répandre la révolution au delà des frontières ? Ce voile jeté sur la politique extérieure iranienne est donc né avec la révolution, et ses conséquences se ressentent encore aujourd’hui.
Mohammad-Réza Djalili, dans un article sur la politique étrangère iranienne, identifie trois phases dans la politique étrangère iranienne : la diplomatie révolutionnaire iranienne, de 1979 à la fin de la guerre Iran-Irak, marquée par la volonté d’exporter la révolution iranienne, la phase thermidorienne et plus pragmatique, commencée après la fin de la guerre sous la présidence de Rafsandjani et la troisième phase marquée par une volonté d’ouverture proclamée par le président Khatami.
Il est à cet égard intéressant de faire un parallèle avec la France révolutionnaire, marquée par des étapes similaires. La Révolution iranienne est en effet, comme la Révolution française, « une grande révolution », culturelle, sociale et politique. En outre, la répression sanglante dirigée contre l’aile gauche du mouvement rappelle la terreur qui suivit de près notre Révolution.
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