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Iran : Une révolution religieuse

Lundi 15 septembre 2008

  Publié dans Actualité Politique en Iran

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L’islamisation des institutions, l’imposition du voile aux femmes nous évoquent naturellement la répression et la confiscation des biens de l’Eglise en France et l’instauration du culte de l’être suprême qui a eu lieu pendant la Révolution Francaise. Jean-François Bayart, dans son article sur la Révolution iranienne, nous met ainsi en garde contre les visions trop occidentalistes de l’actuelle Iran.

La République islamique est en effet vite considérée en France comme un totalitarisme islamiste, dont la menace doit être contenue au plus vite, d’où l’aide militaire fournie à l’Irak pendant les années de guerre contre l’Iran. De la même manière que la menace de la France révolutionnaire poussa les puissances monarchiques à se coaliser, durant les années de guerres révolutionnaires.

En outre, la politique étrangère iranienne a vite cessé de poursuivre la chimère de l’expansionnisme islamique, ne serait-ce que parce qu’elle n’a guère trouvé d’audience parmi les masses musulmanes sunnites. C’est le moment thermidorien de la révolution iranienne identifié par J.F Bayart, qui se distingue par « la mise en évidence de la fatigue et du vieillissement de la Révolution.

C’est un moment désenchanté pour les idéaux et les symboles révolutionnaires, celui où la révolution doit assumer le poids de son passé, avouer qu’elle ne tiendra pas toutes ses promesses initiales».

Mohammad-Réza Djalili désigne cette période, initiée en 1988, comme la phase thermidorienne, plus pragmatique, qui marque la présidence de Ali Akbar Hachemi Rafsandjani. Ainsi, s’il faut admettre que l’Iran est entré dans un moment thermidorien, il ne faut pas oublier que Thermidor « est partie intégrante de l’expérience politique globale de la Révolution » et qu’il ne fut pas en France « précisément une époque de modération ».

J.F Bayart conclut ainsi que si l’Iran est souvent « un trouble fête dans les relations internationales, il suit des objectifs classiques de puissance régionale ». Toutefois, ces conclusions datent de 1993 et l’auteur ne se doutait peut-être pas à l’époque de la reprise du programme nucléaire iranien, en 2003, et des déclarations antisionistes du président Ahmadinejad, qui accompagne le développement de ce programme sur la scène médiatique internationale.

Quelle que soit la réalité qui accompagne la rhétorique iranienne, cela démontre la continuité de l’idéologie dans la politique étrangère iranienne. On peut en conclure que la brèche idéologique ouverte par la révolution iranienne ne s’est pas encore refermée. Si elle poursuit en effet des objectifs légitimes de puissances régionales, la diplomatie islamique qui l’accompagne peut alors nuire à leur réalisation.

La troisième phase identifiée par M.R Djalili dans la politique étrangère iranienne, la phase d’ouverture initiée par la présidence du réformateur Mohammad Khatami, se referme en 2005 avec l’élection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad. L’idéologie imprègne à nouveau les discours de politique étrangère de la République islamique iranienne et l’Etat d’Israël est le premier visé par ce discours.

En effet, comme le souligne Olivier Roy, sortir d’une révolution religieuse n’est pas chose évidente. Comment concilier les impératifs religieux qui légitiment la révolution fondatrice avec le mouvement démocratique et modernisateur ? Afin d’être plus à même de réfléchir à ces questions, il est nécessaire d’analyser les conséquences institutionnelles et politiques de la révolution iranienne. Cet éclairage nous permettra alors de mieux saisir l’évolution des relations israélo-iraniennes, d’un point de vue stratégique et diplomatique.


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