Lundi 15 septembre 2008
Publié dans Actualité Politique en Iran, Actualité Politique en Israel
Les juifs en Iran sont une minorité reconnues et qui jouissent à cet égard des mêmes droits que les Iraniens. . C’est en effet la première communauté juive du Moyen-Orient après Israël. Ils sont estimés à 100 000 dans les années 50 en Iran. Suite à la guerre israélo-arabe de 1948, certains juifs iraniens émigrèrent en Israël, ce fut le cas notamment de l’actuel président israélien Moshe Katsav. Mais plus de la moitié des juifs iraniens ont fui suite à la Révolution khomeyniste en 1979, ils sont actuellement estimés à 20 000 en Iran.
Si le discours radical de l’ayatollah Khomeyni en a donc fait fuir une bonne partie, les autres persistent à défendre leur nationalité iranienne, malgré les provocations de l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad à l’encontre d’Israël, qui doit être « rayée de la carte », et ses doutes émis sur la réalité du génocide. Ils sont toutefois libres de pratiquer leur culte et peuvent même produire du vin, interdit par l’islam, pour l’usage religieux.
Ils disposent d’un député au parlement, à l’instar des chrétiens et des zoroastriens. Toutefois, en 1999, treize membres de la communauté juive étaient arrêtés pour « espionnage au profit de l’entité sioniste ». Ils furent libérés quelques années plus tard, après des aveux publics forcés, sur la télévision d’Etat.
La politique étrangère iranienne, à l’image de la politique intérieure, est prise entre les courants conservateurs et les réformateurs. En outre, aucune institution n’est clairement chargée, dans la constitution iranienne de 1979, de sa définition, ce qui complexifie la lecture des décisions de politique étrangère, depuis l’extérieur.
Le guide en sa qualité de chef d’Etat, le Président de la république, le conseil du discernement des intérêts supérieurs du régime, le conseil supérieur de la sécurité nationale, le ministre des affaires étrangères ou encore le parlement islamique en sont les acteurs principaux .
De ce fait la politique étrangère iranienne souffre de voix discordantes et reflète les aléas de la politique intérieure. L’affaire « Salman Rushdi » le démontre particulièrement bien. Alors que le guide suprême iranien Khomeyni lance une fatwa contre l’auteur du roman Les versets sataniques en février 1989, les présidents successifs ne cesseront d’affirmer, quand le besoin s’en est fait sentir, qu’il s’agissait là d’un avis appartenant à la stricte communauté religieuse et ne concernait en rien l’Etat iranien.
En dernier lieu, le président Khatami, déclare en 1998 que « le gouvernement de la République islamique de l’Iran n’a pas l’intention et ne prendra aucune mesure répressive mettant en danger la vie de l’auteur des Versets sataniques, et elle n’encourage par ailleurs personne à le faire ».
La politique étrangère de l’Iran est donc complexe et dépend largement des aléas de la vie politique intérieure. Elle reste en effet largement dépendante des luttes de factions entre radicaux, modérés et conservateurs qui déterminent un jeu d’équilibre subtil. Rafsandjani, alors président de l’assemblée nationale, mène la lutte au nom des « radicaux », mais une fois ses rivaux éliminés, il devient le chef des modérés et est élu en 1989 à la tête du gouvernement, éjectant les radicaux du pouvoir. En outre les luttes de faction peuvent aussi devenir de bons prétextes pour obtenir des concessions des occidentaux.
Ces considérations sur les institutions et la politique étrangère iranienne nous amènent à comprendre la difficulté de saisir la stratégie iranienne en politique étrangère. Ce qui relève du double langage est parfois difficilement identifiable. La Révolution islamique a donc jeté un voile sur la politique étrangère iranienne.
Le dogme du juriste théologien contribue à cette difficulté de compréhension. Le velayat-eh faqih marque la volonté de rupture de l’Iran avec le Monde occidental.
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