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Iran : L’ayatollah contre le Chah

Lundi 15 septembre 2008

  Publié dans Actualité Politique en Iran

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L’ayatollah Khomeyni a assis sa légitimité sur l’autodétermination du peuple iranien, alors que le Chah était désigné comme le grand allié des EU. L’Iran devait reprendre les rênes de son destin. Le Chah avait souffert de l’image du coup d’Etat contre le ministre Mossadeq, responsable de la nationalisation du pétrole iranien. Il était celui qui s’était maintenu au pouvoir grâce à l’appui des EU.

La Révolution iranienne est issue de nombreuses énergies d’un peuple épris de liberté et d’autodétermination, même si l’aile la plus religieuse de la Révolution a vite évincé les autres, et particulièrement les communistes du parti Toudeh.

1979 est l’année de la prise d’otage de l’ambassade américaine de Téhéran. Alors que l’Iran du Chah et les EU collaboraient activement à la mise en place d’un programme nucléaire iranien, le grand ayatollah le traite de grand « Satan » et la prise d’otage ne viendra que confirmer et radicaliser la rupture.

En novembre 1979, l’ambassade américaine de Téhéran est en effet occupée par des étudiants iraniens islamiques et 52 diplomates américains sont pris en otages. Le président américain Carter sortira totalement décrédibilisé aux yeux du peuple américain de cet épisode et ne sera pas réélu de ce fait en 1981. Les 52 diplomates sont libérés deux années après et cet épisode marquant de l’histoire des relations internationales restera dans la mémoire américaine comme un véritable traumatisme. Les Américains ne le pardonnent toujours pas à l’Iran, partenaire stratégique d’un temps.

L’Iran était un acteur prédominant de la stratégie Nixon, élaborée au début des années 70, qui voulait que les EU aient des alliés potentiellement puissants dans chaque région du globe, afin de leur déléguer la sécurité de ses régions et d’y réduire ainsi au maximum son intervention. Cette stratégie rencontre alors la doctrine des périphéries, formulée par David Ben Gourion à la fin des années 50. Selon cette dernière, la politique étrangère israélienne doit permettre d’affaiblir les ennemis arabes d’Israël, ceci en formant des alliances avec les nations non arabes de la périphérie, telles que l’Iran, l’Ethiopie et la Turquie. Une collaboration tripartite est dès lors enclenchée.

La rupture de 1979 entre l’Iran et les EU, liée à la prise d’otage, provoquera naturellement l’éloignement progressif de l’Etat hébreu de l’Iran, favorisé par les déclarations antisionistes du grand ayatollah. En 1979, les locaux de la mission israélienne de Téhéran sont cédés à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ce qui démontre, symboliquement, le changement d’orientation de la politique étrangère iranienne ainsi que sa radicalisation envers Israël.

1979 est donc l’année de la rupture diplomatique officielle entre Israël et l’Iran, même si la rhétorique iranienne, au temps du Chah, a toujours été très critique vis-à-vis d’Israël, et que le collaboration s’est souvent faite de manière très officieuse. L’Iran tourne sa diplomatie vers le Monde arabe et développe sa stratégie panislamiste.


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