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Politique Etrangere de la république Islamiste

Lundi 15 septembre 2008

  Publié dans Actualité Politique en Iran

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La révolution iranienne semble engendrer une rupture nette de la politique étrangère iranienne. Pourtant on distingue clairement une continuité des objectifs de politique étrangère du Chah et de l’Iran d’Ahmadinejad en passant par le grand ayatollah, même si la méthode pour y parvenir diffère nettement.

L’Iran du Chah comme la République islamique sont soumis aux mêmes contraintes géopolitiques. L’Iran est une puissance régionale, perse, chiite, voisine d’un Monde arabe à majorité sunnite, et en premier lieu, l’Irak. Nous l’avons vu, dès la deuxième moitié de la guerre en Iran-Irak, dès 1985, l’Iran commence à faire preuve de plus de pragmatisme, attitude qui sera plus accentuée dès la seconde guerre du golfe.

En outre, l’Iran revendique clairement deux accords internationaux signés par le Chah, d’une part l’accord frontalier signé par l’Iran de Mohammad Reza Chah et l’Irak de Saddam Hussein en 1975 sur la région pétrolifère du Chatt-el Arab, et d’autre part le protocole de contrôle sur les îles Tomb et Abou Moussa, occupées par le Chah en 1971. L’Iran islamique continue de vouloir contenir les ambitions de son voisin arabe, amoindries après la première guerre du golfe, et anéanties par la récente attaque américaine de mars 2003.

Lorsque l’Irak attaque l’Iran en septembre 1980, c’est qu’il se sent en puissance par rapport à son voisin perse, et surtout soutenu par une coalition internationale comprenant, entre autres, les EU, la France et l’Arabie Saoudite, ce dernier pays craignant une propagation de la révolution iranienne. La propagande islamiste, après avoir tentée un temps de soulever les mouvements chiites dans la région contre l’Irak, devient vite une rhétorique défensive et le réalisme se substitue à l’idéologie.

En outre, le Chah comme la république islamique a entretenu des relations assez tendues avec les pays du Golfe, sauf avec l’Etat d’Oman. Le conflit avec les Emirats arabes unis au sujet des îles de Tomb et d’Abou Moussa date de l’époque du Chah.

Le caractère chiite de la République islamique d’Iran est loin d’être né avec la révolution islamiste. Même si le Chah avait un discours plus laïc, le chiisme restait la religion d’Etat et faisait déjà partie depuis plusieurs centaines d’années, malgré quelques ruptures, de l’identité nationale iranienne. En outre, on a pu observer que l’alliance de l’Iran post-révolutionnaire avec les mouvements chiites s’avère assez tactique.

Elle vise à contourner voire à affaiblir les Etats arabes voisins et l’Iran n’a pas hésité à les abandonner dès que ses buts stratégiques étaient atteints, comme avec les Moudjahiddines afghans. La solidarité chiite de l’Iran est donc « une fausse rupture ».


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